Programmé pour la deuxième édition du GroFest à AMPLI, Yurakane, quintette de "Thrashcore" de la région paloise m'a accordé cette interview. Kévin, Camille et Sylvain ont répondu à mes questions concernant leur deuxième album en préparation, qui succédera ainsi à l'EP-concept Nightmare Cinema (2014), leur dernière sortie en date.

Crédit photo : L'Atelier d'Hervé
(ndlr : offerte par l'AMPLI)


Cette année, vous avez tenté votre chance en vous inscrivant, comme beaucoup d’autres artistes, au tremplin du Voice Of Hell. En quoi est-ce que cela consistait ?

Camille : Ce sont les personnes qui font partie du carré VIP du Hellfest qui votent pour les groupes. C’est Lokx, notre chanteur, qui a géré ça. Mais on n’a pas été sélectionné.

Avant de commencer la composition de votre prochain album, que s’est-il passé pendant ces trois ans depuis la sortie de l’EP en 2014 ?

Kévin : On a beaucoup bu, et il y a eu un gros remaniement de line-up. Le bassiste et le batteur sont partis et on a donc accueilli Benoît et Sylvain qui sont arrivés dans le groupe il y a un an.

Sylvain : …Et qui sont meilleurs que les autres (rires)  !

Votre EP Nightmare Cinema paraît plus sombre et possède quelques sonorités plus progressives qu’on avait plus de mal à percevoir sur l’album The Awakening, qui était plus bourrin et rentre-dedans. Y-a-t-il une explication à cela ?

Kévin : Franchement, je n’en ai aucune idée. Il y avait peut-être une volonté de faire de la musique plus travaillée.

Sylvain : T’as pas pris des cours de guitare à ce moment-là (rires)  ?

Kévin : Si, avec le guitariste de Gorod (rires). Sur l’EP, Camille est arrivé en cours de route…

Camille : … Au moment d’enregistrer les chœurs !

Kévin : Mais là, on est repartis sur quelque chose de plus direct et de plus brute. Ça avance tranquillement. Les morceaux nous plaisent de plus en plus. On va en jouer pas mal ce soir et on espère avoir de bons retours.

Camille : Le premier album, pour l’avoir écouté plus que je ne l’ai joué, est plus bourrin sur le début et davantage prog sur la fin. Il y a une vraie évolution sur The Awakening. Alors que sur le quatre-titres, on retrouve vraiment de tout.

Sylvain : Sur ce qu’on a fait plus récemment, je trouve qu’on mérite l’appellation de « thrashcore ».

Pour parler un peu de l’artwork très graphique et très travaillé de l’EP, qui l’a réalisé ?

Kévin : C’est Eric Chauvet qui était graphiste à l’époque qui nous l’a dessiné. Au travers de cet EP, on a voulu rendre hommage aux "nanars" et aux films de séries Z. C’est pour cette raison que « Ninjas from Outer Space » raconte l’histoire de ninjas dans l’espace qui combattent pour défendre la galaxie contre une invasion extra-terrrestre. Et il y a « Destruction Granny » qui parle du ''problème'' qu’il y ait trop de vieux dans le monde. Donc on organise des courses de voitures mortelles pour remédier à cela…

Camille : D’ailleurs, si un producteur est intéressé, on aimerait bien tourner un court-métrage !

Comme c’est une sorte d’EP-concept, pour composer ces quatre-titres, avez-vous eu recours à des influences musicales différentes de l’album ?

Kévin : Avec Roderick, l’ancien batteur, on était de gros fans de metal progressif, notamment Dream Theater. Sans tomber dans l’EP-concept musical, le nôtre était plus thématique. On voulait faire quelque chose d’amusant et de stimulant intellectuellement… ce qui pourrait intéresser notre public Télérama (rires)  !

Parce que ce côté progressif se ressentait beaucoup sur les trois derniers morceaux de The Awakening en 2012. En particulier sur le titre « Wake Up My Hate » qui dure presque dix minutes. Comme si c’était une transition pour nous emmener à Nightmare Cinema

Kévin : Oui, c’est vrai. Surtout « Wake Up My Hate » en featuring avec Bertrand, l’ex-chanteur de Grorr.

Sylvain : Excellent morceau !

Camille : Avec son espèce de solo de basse en plein milieu…

Sylvain : Oui, enfin, n’exagère pas. Il ne joue qu’une ligne !

Faut-il s’attendre à des morceaux dans un format un peu plus long à l’avenir, même si vous avez dit que le prochain album sonnerait plus "brute" ?

Kévin : Pour l’instant, pas trop. Parce que ça demande pas mal d’inspiration.

Camille : Après, on a des passages assez recherchés, qui, sans qu’ils soient forcément très techniques, t’inspirent les épopées sur les chevaux où tu chasses le dragon avec ta hallebarde. Le principe, en fait, c’est de taper du pied et de secouer la tête en même temps.

Sylvain : Tout en étant stimulé intellectuellement (rires)  !

Merci à vous ! Je vous laisse le "mot de la fin".

Camille : Tendresse.

Sylvain : Poésie.

Kévin : La Débauche. C’est le nom d’une brasserie artisanale sur Angoulême qui commercialise des produits très qualitatifs.

Sylvain : Et on n’est pas contre "l’endorsement" !

Interview par Rodolphe Lamothe