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Programmé pour la deuxième édition du GroFest à AMPLI, Hell In Town, combo de groove metal Bordelais m'a accordé cette interview. 

Crédit photo : L'Atelier d'Hervé
(ndlr : offerte par l'AMPLI)


C’est votre dixième année d’existence cette année. Avez-vous prévu quelque chose de particulier pour fêter ça ?

Matt : Oui, il y a une énorme partouze en prévision, un album dont le mastering sera terminé la semaine prochaine et un clip qui va sortir bientôt. Ça fait un peu chier de dire que c’est notre 10ème anniversaire et de ne faire que le « deuxième album », mais c’est ce qui va se passer.

Justement, la photo que vous avez publiée début septembre correspond-t-elle au tournage du nouveau clip qui succédera à « Back in the Mud » sorti en 2014 ?

Matt : On a tourné le clip il y a moins d’un mois et le tournage s’est étalé sur deux jours. Il sera réalisé par Singkipoo avec qui on avait fait « Back in the Mud » il y a quelques années. C’est une musique qui se nomme « Wilder » et qu’on a joué ce soir. Elle est tirée du prochain album.

Etant donné qu’aux tous débuts du groupe, vous étiez un duo et qu’avec l’évolution du line-up, Hell In Town compte désormais quatre membres, faut-il s’attendre à des changements musicaux majeurs ?

Matt : Il y a eu énormément de line-up différents ces dernières années et puis le fait que je sois parti aux Etats-Unis pendant un an n’a pas vraiment joué dans la continuité de création du groupe. Mais à l’heure actuelle, je suis très content de ce qu’on a réussi à composer. Tout le monde s’entend bien. J’espère qu’on va rester comme ça pendant très longtemps.

P-Y : Ce sont les dix ans mais c’est encore un nouveau départ.

Matt : De la formation initiale, il n’y a plus que moi (rires). On en a discuté sur le trajet en écoutant les prochaines chansons et c’est vrai qu’il y a une évolution dans notre musique, notamment au niveau de l’énergie dégagée et des ambiances. Par exemple, sur l’album qui va sortir, il y aura un peu plus de chant « chanté », ce sera plus mélodique qu’« Hell in Town » et peut-être plus accrocheur.

Trust : Moi quand on m’en a parlé, c’était pour jouer dans un groupe de rock, même s’il y a une sonorité metal qui est indéniable. Ce soir, on était dans un contexte où il y avait beaucoup de formations plus extrêmes que ce que l’on fait mais je pense que c’était assez rock’n’roll.

Matt : C’est ça ! Et la plupart des musiques à sortir ont été écrites il y a très longtemps. On devait initialement les enregistrer quand Karol de Gorod était dans le groupe. Et avec le nouveau line-up, j’ai réécrit le chant pour que ce soit un peu plus musical parce qu’à l’époque, je ne chantais pas du tout ces parties-là. Ça a rajouté au fait que ce soit un peu plus difficile à produire parce qu’il y a eu beaucoup de réécriture derrière, de nouveaux solos depuis que Pierre-Yves est là… Donc la couleur musicale d’Hell in Town a changé et va encore être amené à changer j’imagine.

Mat : Et sur le tournage du clip qu’on a fait de « Wilder », on a mis une ambiance un peu vaudou qu’on a transposé sur la scène en live avec du maquillage, des effets, de la décoration. C’était une première et apparemment, notre « dépucelage » a plutôt bien fonctionné.

Matt : Le premier album parlait beaucoup de magie mais le deuxième en parlera davantage.

Cinq ans après ce premier album éponyme, d’un point de vue musical, vous vous êtes donc écartés de ce style très lourd à la Pantera ?

Matt : Je pense que c’est une comparaison qui me colle à la peau et que je vais me traîner encore un moment parce que j’étais très fan de Pantera quand j’étais gamin. On est tous influencés par les groupes qu’on écoute. Alors ça se ressent dans la musique. On n’y peut rien.

Mat : Je trouve que le deuxième album s’en détache déjà plus, même si on entend un peu cette influence.

Matt : L’essentiel est toujours là pour moi. Il faut que ça groove, qu’il y ait du riff.

Et qu’on entende ce son de basse si caractéristique !

Matt : Oui, il a fallu que je la baisse un petit peu (rires) ! Forcément, c’est mon instrument donc ça fait partie des notes que je pose en premier dans les chansons. C’est arrivé que dans le prochain album, j’écrive d’abord les guitares, du coup, la basse vient juste compléter le reste. Ce qui m’oblige un peu, dans la production, à mettre la basse en retrait, surtout avec des guitaristes de ce niveau-là !

P-Y : Non pas que tu sois un mauvais bassiste, mais du fait qu’elle soit plus en retrait, est-ce que ce n’est pas ce qui fait que notre musique est devenue plus aérée ? De mon côté, je pense que c’est le cas.

Pour en revenir au line-up, est-ce que certains musiciens qui ont quitté le groupe ont tout de même participé à l’élaboration du nouvel album ?

Matt : Eh bien non. A la base, l’ancien guitariste (Nicolas) devait enregistrer les parties de gratte. Mais des contraintes de temps et de logistiques m'ont conduit à les faire tout seul. Sur l’album à venir, j’ai tout fait sauf la batterie et les solos. Donc ça vaut ce que ça vaut. On a commencé la production de cet album fin août 2016 avec la basse, et les guitares devaient être enregistrées en septembre, et il a fallu que j’embraye directement derrière. Ensuite, Pierre-Yves est arrivé dans le groupe en janvier 2017 et a posé ses solos. Ça a pris un peu de temps. A la base, il devait y avoir plusieurs guitaristes solistes.

P-Y : Me faites pas dire que j’ai mis six mois à les écrire !

Matt : Quand il a fallu qu’on change de guitariste, l’idée de base était de faire appel à des gens que je connaissais. J’ai eu énormément de réponses positives et… jamais de solos (rires). Il est arrivé un moment, à la fin de la production de l’album où il fallait qu’on accélère le pas donc j’ai demandé à Pierre-Yves d’activer un peu. Il a fait un super développement harmonique sur les morceaux, et que je n’avais pas forcément anticipé. Et on est en train de plancher sur une release-party.

Aux Runes à Bordeaux ? Comme vous êtes des habitués de ce bar pour y avoir joué au moins deux fois…

Matt : Ça l’a été pendant très longtemps. On a passé de super moments. Notre baptême de scène, c’était aux Runes en mars 2017.

P-Y : C’est plus en terme d’accueil que ce serait compliqué de le faire là-bas.

Matt : Pour la release, on aimerait bien pouvoir transformer un lieu pour qu’il colle à l’ambiance du groupe. Par exemple, mettre en place des animations extérieures et si possible, avoir plein de lumières et de matos.

Deux d’entre vous font partie de Chronicles qui officie dans un metal progressif très complexe plutôt orienté « djent ». En plus de cela, votre ancien batteur K’Roll joue actuellement dans Gorod, pionnier du death technique Français, qui vient de sortir un EP cinq-titres de thrash metal intitulé « Kiss the Freak ». Des formations qui n’ont rien à voir avec le style très gras, rock’n’roll et presque stoner d’Hell In Town. Comment est-ce que vous gérez le fait de passer d’un groupe à l’autre, d’un style à l’autre ?

Mat : C’est simple. Matt compose pour Hell In Town et moi pour Chronicles.

Matt : C’est à peu près ça. En même temps, on ne répète que trois fois dans l’année avec Chronicles (rires) ! Et je ne m’occupe que du chant. Après, on a réussi à faire cette gymnastique assez facilement entre les deux même si ce sont deux styles différents.

Mat : Au final, il y a même plus de chant clair dans Chronicles que dans Hell In Town. En ce qui concerne Chronicles, on travaille sur le premier album qui est en cours de mixage.

Matt : A la base, l’arrivée de Mat dans le groupe est partie d’un échange de bons procédés quand j’étais aux Etats-Unis. Il m’a appelé pour que je chante dans Chronicles et moi je lui ai répondu qu'il me manquait un deuxième gratteux dans Hell In Town. On s’entend super bien et ça a tout de suite marché. On avait déjà travaillé ensemble sur un groupe-cover de Pantera qui s’appelait Southern Trendkill. Et Pierre-Yves jouait dans le cover Megadeth, avec qui on partageait la scène avec un autre cover-band d’Iron Maiden. C’est comme ça qu’on s’est connus.

Et que Pierre-Yves est arrivé dans le groupe ?

Matt : C’est arrivé bien plus tard au final.

Pierre-Yves : On s’est plus connus par l’intermédiaire de Karol, l’ancien batteur d’Hell In Town qui est aussi un très bon ami de Tristan, l’actuel batteur.

Matt : Tristan était l’ancien batteur de Shoot The Pianist, le groupe de rock qu’on avait ensemble à Bordeaux.

Trust : Et Karol, c’était mon pote de lycée avec qui on faisait de la musique.

Matt : Quand je te disais que c’était consanguin tout ça (rires) !

Crédit photo : Ero Cyco

D’ailleurs, votre premier album éponyme paru en 2010 a été mixé et masterisé par El Mobo qui avait travaillé sur « A Perfect Absolution » de Gorod…

Matt : Exact. Et qui est en train de faire le mastering de notre deuxième album.

Il me semble qu’« Hell in Town » était un album autoproduit. Qu’en sera-t-il pour ce deuxième ?

Matt : Dès qu’on a le mastering, on va commencer à démarcher. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est faire plein de concerts parce qu’un an de production, c’est très long. Après, je renie pas du tout le fait que ça a été un challenge d’écrire et de composer cet album de A à Z. Ça été un exercice difficile et heureusement qu’El Mobo était là pour faire le mastering, que Pierre-Yves a fait les solos et que Mat est là pour me remonter le moral quand je suis en dépression.

P-Y : En tout cas, maintenant que le line-up est stable, on espère faire le prochain album tous ensemble pour dire qu’on y a tous participés.

Sept ans après, quel recul avez-vous sur le premier album ? Correspond-t-il toujours à la musique que vous aimez faire en groupe, à quatre ?

Matt : Ça fait longtemps que je ne l’ai pas écouté. Du coup ça m’est très difficile d’en parler. Après Simon Renaud, Karol m’a dit qu’il rentrerait dans le groupe si on sortait un nouvel album. Toutes les musiques qu’on a jouées ce soir, ont été écrites avec Karol. Il a beaucoup insisté pour qu'on parte sur des bases saines et de nouvelles chansons. Ce qui m’a permis de faire la transition très simplement. Ça a été un peu redondant quand il a fallu encore rebosser les morceaux avec Tristan, dé-métalliser le son du groupe et enlever de la double-pédale car Tristan est un batteur de rock, mais ça n’a pas été un mal du tout. La dernière fois que j’ai réécouté un titre de cet album, c’était en matant le clip d’« I’ve Seen » et ça ne m’a pas choqué. Forcément, je me dis que le chant a évolué... Tu l’avais déjà écouté Pierre-Yves, cet album ?

P-Y : Oui, je l’ai à la maison !

Mat : Une fois, j’avais fait un live avec vous à la basse ! C’était pour une fête de la musique.

Matt : Il y avait un morceau de cet album-là, « Unscarred », que je ne voulais pas jouer sur scène parce qu’en répétition, je n’arrivais pas à rentrer à la fois le chant et la basse. Du coup, Mat était venu faire la basse sur ce morceau. J’avais trouvé ça cool.

P-Y : Moi, je n’ai pas eu ce problème-là car quand il m’a appelé en janvier pour rentrer dans le groupe, il m’avait fait écouter le dernier album qui va sortir qu’il fallait pas que je m’en fasse car on n’allait pas rejouer « Hell in Town », et honnêtement, je n’ai pas écouté le premier album (rires). Je ne connais que le « Back in the Mud » sorti quelques années après l’album.

Tristan : Entre le premier, et le deuxième album qui va sortir, je trouve que ça n’a strictement rien à voir. Ce qu’on fait aujourd’hui est beaucoup plus simple, accessible et efficace tandis que les titres d’avant sont plus techniques.

Matt : « Feed the Beast » est un morceau que j’ai écrit juste après le premier album, la troisième qu’on a joué ce soir et je trouve qu’elle a un peu cette couleur-là. J’ai réécrit le chant en juillet pour que ça colle plus à l’image actuelle d’Hell in Town.

Merci beaucoup à vous tous ! 30 minutes. La plus longue interview !

Matt : Merci à toi ! Trente minutes (rires) ?